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SOUL WARRIORS : REFLEXIONS SUR LA PROMO D'UN ALBUM (PART 1)


Composer des titres, faire des covers, les enregistrer, les publier avec les éventuels clips qui vont avec, c’est très bien mais si c’est pour les partager avec quelques amis et connaissances, le jeu en vaut-il la chandelle ? En bref, sans un minimum de communication, de publicité et de marketing, que deviendra votre prod ?

Une production demande toujours un minimum de temps et d'investissement. Si les espoirs sont déçus, il faut une belle force morale pour s'en remettre et continuer...Il s'agit donc de réussir son coup et de bien prévoir les choses en amont en essayant de synchroniser tous les évènements avec la promo.

Comme vous le savez certainement, j'ai sorti Dance, un album de soul avec les Soul Warriors début avril 2018. J'ai donc eu l'occasion de faire un test grandeur nature sur la promo d'un album en 2018, une belle expérience qui m'a beaucoup appris, et cet article a pour but de vous en faire profiter.

Je ne prétends pas avoir la science infuse et avoir explosé les scores sur You Tube ou Spotify mais ces modestes réflexions pourront peut-être vous aider et vous éclairer sur les nouveaux outils et les normes en matière de promotion d'une production audio-visuelle en 2018.

COMMUNICATION, PUBLICITÉ ET MARKETING


De tous temps, je me suis intéressé à la communication, car j’ai immédiatement réalisé son importance pour me faire connaître comme musicien ou pédagogue. De mes premières pubs sur Rock & Folk en 1977 jusqu’à ce jour, en passant par « Laisse béton le solfège » avec Music Play en 1988 ou « Les best sellers de la pédagogie musicale » plus tard. Mais ça c’était de la pub papier, ensuite est arrivé le net et j’ai été l’un des premiers dans le métier de la musique en France à avoir un site en 2000, tout cela parce que j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes.

De fait, j’ai toujours appris des gens plus jeunes que moi car ils ont souvent refait mon éducation, que cela soit sur le plan musical ou sur le plan des nouvelles technologies. Ainsi, à l’époque du CD des lecteurs de Guitar Part, j’avais fait la connaissance d’Ivy, un jeune musicien et c’est lui qui m’a fait découvrir le net dès la fin de l’année 1997, alors dans ses balbutiements. Puis j’ai rencontré Michel Weickert, un précurseur qui avait monté une des premières start up et construisait des sites clés en main et m’a donc construit le mien qui a ouvert le 1er janvier 2000.

Ensuite il y a encore eu Myspace, Facebook, Twitter, les Google Adwords, Apple Music, Deezer, Spotify et toute la panoplie actuelle et à venir, bref j’en passe et des meilleures. Et j’ai ouvert des comptes partout…Communication, communication, quand tu nous tiens !! Mais au travers de toutes ces expériences, j’ai dû investir financièrement pour me donner les moyens de mes ambitions.

La petite annonce de 1977 dans Rock et Folk ne coûtait pas très cher, surtout si l’on regarde le nombre d’élèves qu’elle m’apportât puisque en l’espace d’un mois je me retrouvais avec 40 élèves et 40 heures de cours par semaine. Mais il n’en était pas de même avec les pubs Music Play qui coûtaient, entre la conception et l’insertion dans les magazines, la bagatelle de 20000 FF soit l’équivalent de 3000€ actuels (pour une pub !).

FORMATION CONTINUE ET PROMOTION

Et pour me promouvoir, apprendre et m’instruire, une formation continue en quelque sorte, j’ai donc dû payer car il n’y a pas de formation gratuite surtout si l’on souhaite rester autodidacte.
 
Mais sans ces expériences parfois coûteuses voire ruineuses (dépôts de bilan compris, il faut savoir prendre des risques), bien des choses ne se seraient jamais passées et Guitar Collector’s n’aurait certainement jamais vu le jour, puisque je n’aurais pas rencontré son co-fondateur, Thierry Frébourg qui fut mon fournisseur de pub durant les années précédentes.

Vous allez me dire, mais si on n'a pas d'argent, comment on fait ? Il y a
bien sûr, toutes sortes de moyens, notamment si l'on connait beaucoup
de monde (notamment des investisseurs ou des gens qui ont le bras long) mais dans tous les cas, il faudra investir un minimum. La
plupart des artistes que j'ai vu réussir en sont passés par là.
Travailler, économiser et investir intelligemment. Pas facile...

Tout cela pour en arriver au sujet qui nous intéresse, la promotion d’une production musicale qui réunit souvent celle d’une production discographique et celle d’un clip. Jusqu’au début des années 2000, les maisons de disques, labels indés ou majors et les radios faisaient la loi et impossible de se faire connaître sans leur soutien.

Il y avait bien les concerts mais tout le monde sait combien il est difficile d’en faire sans le booking, le manager et la notoriété qui vont avec…

LES TEMPS MODERNES

Et puis il y a donc eu Myspace, célèbre plateforme communautaire de partage de musique et plus si affinités. Et le miracle des Arctic Monkeys qui grâce à leurs fans et à leurs partages eurent une notoriété et connurent une réussite de façon totalement indépendante, un phénomène encore inimaginable deux ou trois ans avant. Mais encore fallait-il faire partie de cette fournée, si j’ose dire, car les premiers sont toujours les mieux servis, c’est bien connu.

Internet a effectivement donné le pouvoir à tous les artistes indépendants pour se faire connaitre, mais qu'en est-il dans les faits ?  Oui, tout le monde peut sortir un EP ou un LP aujourd'hui, il suffit juste d'un peu de matos et d'un peu de créativité. Ensuite, plus besoin de presser, de toutes façons à moins d'être une star, le physique ne se vend plus, le numérique de moins en moins aussi, reste le nerf de la guerre, le streaming.

Donc, vous avez sorti un album en numérique, vous avez choisi un distributeur (CD Baby, Tunecore...) et vous pensez qu'étant donné qu'il va être disponible pour des millions de futurs fans, les streams vont pleuvoir au minimum par milliers et que même si ça ne rapporte pas grand chose, vous serez un minimum reconnu. Mais sachez que si vous ne faites rien, il ne se passera absolument rien. Et vos titres ne passeront pas la barre des 1000 écoutes et ce, même si vous avez quelques centaines de fans...

FAUX AMIS ET PROMOTION

Surtout si ce sont des amis facebook, tout le monde sait bien combien on peut compter de faux amis et de vrais amis. Ces derniers sont à l'arrivée plutôt rares. D'ailleurs, les gens sont devenus assez indifférents. Facebook, Instagram, Youtube, il y a tellement de choses à voir, le plus souvent assez futiles mais qui facilitent la dispersion et de fait, on est tous pareils, qui peut dire qu'il ne passe pas inutilement du temps à mater tout ça.

A l'arrivée, dans de telles conditions, il ne se passe pas grand chose : ainsi, si vous venez de sortir un nouveau titre et que vous invitez vos amis à l'écouter sur soundcloud, regardez le nombre de plays dans l'heure qui suit et vous ne serez pas déçu. Même chose pour la vidéo que vous venez de réaliser, si vous n’avez pas un minimum d'abonnés, vous n'aurez rien et vos amis ont souvent bien d'autres choses à faire que de venir la voir, on ne parle pas de la liker ou de se fendre d'un commentaire. Pas connecté, pas le temps, toutes les excuses sont bonnes...Donc, comment faire pour avoir un minimum d’audience ? La suite dans la part 2 !!

JJ RÉBILLARD

Ecoutez sur Spotify If I Hade One Wish dans le Top10 sur Radio Airplay aux Etats Unis et Weekly Discover playlist sur Spotify (cliquez sur le lien ci-dessous)

Soul Warriors – If I Had One Wish

Rédigé le  15 déc. 2018 19:42 dans ACTUALITÉS  -  Lien permanent

Commentaires

Genial😀
Publié par : HOUEIX  - 17 déc. 2018 22:17

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