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BLUES SECRETS : LONNIE JOHNSON (PART 1)


Après Charley Patton et Leadbelly, un troisième article pour cette nouvelle série de portraits consacrés aux légendes du blues. Ces portraits se veulent à la fois des stories, des histoires de vie mais aussi des analyses de style où vous découvrirez  tout ce qui façonne le son et le phrasé des légendes du blues. A noter que l’on s’intéresse ici spécifiquement aux guitaristes. Au programme cette fois, et toujours au chapitre des pionniers, l’immense Lonnie Johnson. Cet article fera l’objet de deux parties car il y a vraiment beaucoup de choses à raconter à son sujet…

LE MAITRE DE TOUS LES GUITARISTES

Avant toute chose et comme pour les articles consacrés aux pionniers, je vous engage à relire l’introduction de cette rubrique Blues Secrets. Elle est consacrée aux hollers qui sont la base du langage blues et dont la trace est encore très présente chez les premiers bluesmen. N’oublions pas à ce sujet que Lonnie Johnson a accompagné la légende du blues, Texas Alexander, l’artisan de la transformation et de l’évolution des hollers vers le blues moderne.

Lonnie Johnson est certainement le maitre de tous les guitaristes. Il a en effet entre autres inventé la guitare solo, c’est à dire le jeu note à note. Grande influence pour une légion de guitaristes parmi lesquels B.B. King, T-Bone Walker, ou Skip James, il a été une des principales sources d’inspiration pour Django Reinhardt et Charlie Christian. 

Il est également le maitre des maitres pour Jimi Hendrix, Eric Clapton ou Mark Knopfler pour ne citer qu’eux, car la liste serait interminable. Il a aussi enregistré avec les plus grands comme Eddie Lang, Duke Ellington ou encore Louis Armstrong. Enfin, pour l’anecdote, un certain Robert Johnson essayait même de se faire passer pour son frère…

Lonnie Jonhson est né en 1899 à La Nouvelle Orléans, mais comme beaucoup de pionniers, la date exacte est incertaine et des sources situent sa naissance en 1894. Issu d’une famille de musiciens, il étudie le violon, le piano, la mandoline et la guitare, mais c’est autour de cette dernière qu’il articule sa carrière musicale.

Adolescent, il commence à se produire dans des banquets et mariages avec son frère James. Parti en Angleterre en 1917, il échappe de ce fait à la fameuse épidémie de grippe espagnole qui décime littéralement sa famille à l’exception de son frère James.

Ils s’installent à Saint Louis en 1921 et forment un duo, puis Lonnie se lance dans une carrière prolifique dès 1925 où il remporte un concours de blues à Saint Louis dont le prix est un contrat d’enregistrement avec Okeh Records. 


INVENTEUR DE LA GUITARE SOLO

Chanteur et guitariste de blues émérite, il enregistre la bagatelle de 130 faces entre 1925 et 1932 qui font de lui un artiste très populaire et c’est également à cette époque qu’on le retrouve aux côtés de Eddie Lang, Louis Armstrong ou Duke Ellington.

Inventeur du premier solo de guitare avec le titre 6 88 Glide (à écouter sur l'album Two Tone Stomp), Lonnie Johnson s’illustre notamment comme compositeur de magnifiques œuvres instrumentales où l’improvisation est le maitre mot. 

Dans les faits, si Lonnie Johnson a parfois été considéré comme un chanteur de blues urbain, il n’en reste pas moins un maitre de la guitare blues mais aussi de la guitare jazz comme on peut l’entendre dans 6 88 Glide, titre avec lequel on comprend mieux l’influence qu’il a exercé sur Django ou Charlie Christian.

Après un passage à vide dû à un problème avec le producteur Lester Melrose, il enregistre à nouveau beaucoup entre 1937 et 1942. Revenu au premier plan après la guerre mais à la guitare électrique cette fois, il connaît une nouvelle éclipse entre 1953 et 1959 où il est redécouvert alors qu’il est portier dans un hôtel de Phidadelphie.

Il reste une des figures de proue de la guitare lead à l’occasion du blues revival des sixties où il émerveille les foules avec ses talents extraordinaires. Infatigable, il jouera ainsi jusqu’à sa mort en 1970.  


UN STYLE ET UNE TECHNIQUE UNIVERSELS

Lonnie Johnson avait un talent incroyable et un style tellement universel qu’il reste un véritable monument aujourd’hui. Ainsi quand on écoute Django, B.B. King, T-Bone Walker ou encore Eric Clapton dans ses célèbres reprises de blues acoustique, on entend Lonnie Jonhson. Sa force correspond notamment à sa grande maitrise de différents styles et techniques. 

Pour le style, le blues texan bien sûr mais aussi des accents de ragtime ou des arpèges qui évoquent le flamenco, des chansons populaires rurales autant qu’urbaines, et le jazz car Lonnie est un véritable créateur sur ce plan.

Côté technique, notre homme maitrise aussi bien le finger picking que le flat picking, n’oublions pas qu’il est l’inventeur du solo note à note joué au médiator. Le finger picking est surtout le fait des premières années de sa carrière puisqu’il joue ensuite de plus en plus en flat picking.

Je vous retrouve dans la partie 2 de ce portrait. A suivre, mais en attendant, vous pouvez écouter le premier solo de l'histoire de la guitare ici…

6 88 Glide :  https://www.youtube.com/watch?v=Yd2zQMv1oTY

JJ RÉBILLARD
Rédigé le  27 juin 2019 17:16  -  Lien permanent

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