UN ART TYPIQUEMENT AFRICAIN

A la base, le holler est un art typiquement africain. Il n’y a aucune métrique ou carrure. Tout est fonction du texte et l’accompagnement éventuel s’adapte naturellement.

Côté rythme, les débuts du blues sont plutôt binaires et les formules sont proches de la musique africaine sur ce plan. Cette technique est exportée en Amérique lors des grandes migrations liées à l’esclavage et on la retrouve d’abord au Texas avec le grand Texas Alexander ou dans le Delta, Charley Patton étant à cet égard le deuxième pionnier.

Le phrasé de ces premiers bluesmen est exclusivement basé sur des hollers. En général, la question est posée avec la voix et la guitare répond. C’est le fameux système question-réponse.

On l’a vu précédemment, à ses débuts, ce dialogue intervient entre les voix puis entre la voix et la guitare. Mais le système question réponse peut également s’appliquer entre deux instruments, la guitare et le piano par exemple, deux guitares, ou entre le chanteur et le musicien comme Texas Alexander et son guitariste Lonnie Johnson.

UNE SOURCE D’INSPIRATION INÉPUISABLE

Enfin, le dialogue peut s’établir avec soi-même, lorsque le chanteur est également musicien, le plus souvent guitariste, ou même lorsque le musicien pose la question et y répond lui-même.

Un système qui est donc parfaitement universel puisqu’on peut l’appliquer en toutes circonstances et l’adapter à toutes les situations.

Le holler est donc la forme de blues la plus roots, en parfaite osmose avec ses origines.

Pour les guitaristes de blues et pour tous les musiciens en général, les hollers sont une source d’inspiration inépuisable qui permet de donner un sens immédiat au phrasé.

Il est très authentique et établit une parfaite communication avec le public.

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