LES BASES DU PHRASÉ BLUES : HOLLERS ET SYSTÈME QUESTION-RÉPONSE

Les hollers sont à la base du langage blues et de toutes les musiques improvisées. Dès le XIXème siècle, les noirs qui travaillent dans les champs de coton chantent souvent des hollers pour se donner du courage.

Ce sont des phrases aux lignes mélodiques variables, lancées par un meneur auquel répondent ses compagnons de travail. Le blues est alors essentiellement vocal et il n’y a aucune métrique ni carrure : ce sont les paroles qui structurent le rythme et le temps, et les hollers peuvent durer indéfiniment.

Si vous voulez écouter des hollers, je vous conseille vivement l’album de

The Library Of Congress – Archive Of Folk Culture, Afro-American Spirituals, Work Songs, And Ballads, notamment le titre Long Hot Summer Days par Clyde Hill.

Il illustre parfaitement les hollers avec la phrase initiale du meneur de jeu à laquelle répondent les autres travailleurs, une séquence qui peut se répéter ainsi jusqu’à la fin des temps.

 

Dans le même genre, Long John (anonyme) est également excellent, accompagné d’un beat ultra primaire et binaire ou chaque temps est ponctué par un coup qui pourrait être frappé à l’aide d’un simple manche de pioche.

Et d’autres titres du même album qui ne sont pas toujours des hollers, valent carrément le coup d’être écoutés, comme Jumping Judy qui pourrait être considéré comme l’ancêtre de Susie Q.

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