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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 2)


LE SON QUEEN

Côté son, celui de Queen évolue tout au long de la carrière du groupe. Au départ, Queen est un groupe de metal et le son du groupe est basé sur une alchimie des guitares et sur une section rythmique plutôt heavy.

L’aspect parodique de certains morceaux les amène progressivement à pasticher des styles bien définis, et ce dernier point est encore une caractéristique de leur propre style.

Ainsi, Crazy Little Thing Called Love est un pastiche de rockabilly, Another One Bites The Dust, une parodie du funk et We Will Rock You, une satire du metal.

En traitant ces styles au troisième degré, Queen récupère à son profit les recettes et les sons correspondants, d’où le caractère extrêmement évolutif du son du groupe. On distingue cependant deux grandes périodes.

La première remonte aux origines du groupe et dure jusqu’en 1980. C’est le Queen metal avec ses guitares et sa rythmique heavy. La seconde période correspond aux années 80.

Elle désoriente les premiers fans avec l’apport progressif des synthés qui deviennent parfois dominants. Le son se rapproche de plus en plus de la pop durant ces années.
 
UN FAMEUX TANDEM

Enfin le son Queen est dominé par le tandem Mercury-May. La voix fantastique de Freddy Mercury évoque souvent le charme désuet des années trente mais peut aussi être rauque, brutale ou déchirante. Dans tous les cas, les nuances sont travaillées à l’extrême. La voix lead est complétée par celles de Brian May et Roger Taylor qui sont tantôt choristes de luxe et tantôt complices habiles d’un véritable chanteur d’opéra.

Dans le domaine de l’harmonisation vocale, Queen est allé jusqu’au bout et c’est la première composante du son de la reine. Mais il est impossible d’évoquer le groupe sans parler de l’autre composante essentielle.

Il s’agit bien sûr du son des guitares de Brian May. Queen ne compte qu’un guitariste, mais on parle toujours de guitares au pluriel avec May. On sait qu’un certain Jimmy Page était déjà spécialiste du genre.

Brian May propose une autre déclinaison tout aussi passionnante. Il peut se vanter d’avoir créé un son unique qui peut prendre pratiquement toutes les formes connues à ce jour.

Clean, crunch, overdrive, distorsion, avec ou sans delay, avec ou sans harmoniser, le son Brian May est universel.

Mais il tire aussi des sons totalement inédits de sa guitare, comme nous le verrons plus loin. Cette première étude révèle un groupe et des musiciens hors du commun.

Quelles sont donc leurs influences et comment en sont-ils arrivés à produire une telle musique ? La réponse est dans le prochain paragraphe....

PARCOURS ET INFLUENCES

Les quatre Queen sont tout simplement des érudits sur le plan musical comme sur le plan général. Ils sont diplômés en dessin, en astrophysique, en biologie, en électronique et se rencontrent fort justement à l’université. La musique classique, voire baroque est leur univers musical de base et c’est tout à fait logique lorsque l’on considère le milieu musical dont ils sont issus.

Freddy Mercury y ajoute très vite la musique indienne et la musique country jusqu’à ce que passe la comète Hendrix qui le marquera à tout jamais.

Il pratique également le piano et peut ainsi harmoniser très facilement ses lignes mélodiques vocales dans la plus pure tradition classique.

Pour sa part, Brian May commence au piano et passe rapidement au ukulélé (original), puis découvre le skiffle et le rock de Tommy Steele.

Son père lui offre sa première guitare à l’occasion de son septième anniversaire et il commence alors à reproduire les solos de James Burton puis ceux de Chuck Berry ou de Bo Diddley et devient rapidement fan de Jeff Beck et des Tridents qu’il suit au gré de leurs concerts.

Viennent ensuite Eric Clapton, les Stones ou les Yardbirds. Il acquiert assez vite un bon niveau. D’abord incrédule au sujet de la réputation du Voodoo Child récemment arrivé à Londres, il va voir Jimi en première partie des Who en 1967....

Il ne sera plus jamais le même après ce concert comme il aime à le raconter. Bien qu’il ait subi l’influence des bluesmen, Brian May a donc été davantage marqué par les rockers et les hard-rockers.

Son jeu s’en ressent considérablement et il se différencie de ses pairs qui ont pourtant à peu près le même âge que lui. Signalons enfin un penchant pour la lutherie et l’électronique qui permet de cerner définitivement la personnalité de notre homme.

Roger Taylor et John Deacon sont d’abord guitaristes avant de devenir respectivement batteur et bassiste.

John est passionné d’électronique, comme Brian. Egalement passionnés de blues, de rock et de hard-rock, ils créent leur premier groupe à l’âge de quatorze ans et progressent rapidement. Toutefois, ils ne trouveront chaussure à leur pied qu’avec la Reine.

Queen résulte donc de cette somme d’influences multiples et des talents individuels de chaque musicien qui reste totalement au service du groupe, comme nous l’avons vu précédemment.
 
JJ RÉBILLARD
Rédigé le  27 sep. 2016 20:05 dans QUEEN  -  Lien permanent

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