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STORY ET ANALYSE DE STYLE : POLICE (PART 4)


TECHNIQUE ET MATOS 
Toujours côté technique, le palm muting est une véritable forme d’art et une marque de fabrique du style Summers. Le morceau de bravoure est certainement Every breath you take où l’on trouve une des rythmiques les plus célèbres utilisant la technique du muting. Notez que l’attaque main droite d’Andy est d’une régularité sans faille et que cette particularité représente un certain challenge. Enfin, les cot cot sont légions, celles de Don’t stand so close to me ou de Synchronicity 2 étant de superbes exemples.

POLICE

Pour les solos, les titres de Police ne laissent pas une grande place au guitariste lead. Lorsqu’Andy Summers en joue, ce sont le plus souvent des contrechants mélodiques à l’instar de ceux qui ponctuent les refrains ou l’ad lieb de Message in a bottle. On note que Andy connait et utilise tous les clichés caractéristiques (slides, hammers, pull-off, bends, double stops, vibrato main gauche). Il est également très fort pour les harmoniques, naturelles ou artificielles, sifflantes ou tapées (Message in a bottle). Dans tous les cas de figure, et au vu de son passé musical, Andy connait toutes les gammes et notamment les modes.

LE SON ANDY SUMMERS
Côté son, Andy est un grand amateur d’effets. Ses sons sont plutôt clean en général, avec une touche de crunch ou d’overdrive et deviennent plus variés avec davantage de saturation au fur et à mesure de la sophistication de la production. L’effet-roi est le chorus. On trouve également des phasing et autres flanger. Mais le delay est aussi un sport favori pour Andy. Delay long, court, mono, stereo, en cascade, tous les coups sont permis. Naturellement le delay n’est pas gratuit. Il participe à la texture du son, à la rythmique et à l’atmosphère générale. Enfin, Summers utilise aussi un compresseur pour le sustain. 

On notera que ses parties sont très souvent doublées. Cela lui permet d’obtenir un son puissant avec beaucoup de corps. Mais il s’en sert aussi parfois comme d’un véritable harmonizer en pitchant l’une des deux parties, n’hésitant pas à les pitcher toutes les deux. En résumé, Andy Summers est un grand créateur au plan sonore. Il a réinventé le son de la guitare électrique aux côtés de Robert Fripp (King Crimson) ou Adrian Belew (Talking Heads). On peut dire qu’il a continué dans ce domaine l’oeuvre de Jimi Hendrix, Jeff Beck ou des Beatles. Dernier point, et non des moindres, le groupe est un trio. 

Au premier abord, on n’entend qu’une seule guitare dans Police et on a une fausse impression de simplicité. Mais il faut se méfier de l’eau qui dort car il y a souvent quatre ou cinq pistes de guitares bien cachées !! Pour conclure, Police est un bel exemple d’humilité au service du groupe. Chaque musicien a su oublier ses propres prérogatives pour se concentrer sur l’efficacité globale. Ainsi, le bassiste de jazz Sting a rangé ses walkings pour jouer de simples rythmiques en croches. Le guitariste émérite Andy Summers s’est passé de solos pendant cinq ans. Et que dire du batteur qui a dû ronger son frein en pensant à tous les breaks interminables qu’il aurait pu placer. Une belle leçon à méditer.

LE MATOS D’ANDY SUMMERS

• GUITARES

Andy utilise beaucoup de guitares mais le son Police est surtout le fruit de deux instruments. On citera d’abord la mythique Fender Telecaster rouge de 1963, ainsi qu’une seconde Telecaster des sixties. Son deuxième instrument favori est une Fender Stratocaster de 1955. Il possède encore une autre Strat de 61, une Les Paul Custom 59, une Les Paul Junior de 1956 ou une Gibson ES 335. Enfin, il utilise aussi un modèle conçu pour lui par Hamer qui est une combinaison de Gibson Explorer et de Les Paul.

• AMPLIS

Sur ce plan, on trouve relativement peu d’infos. Sachez qu’Andy utilise différents types d’amplis. Des Marshall, bien entendu mais aussi des Fender Twin Reverb ou encore un Roland JC 120. Il joue en stéréo, ce qui lui permet de profiter à fond des chorus et autres delay.

POLICE
• EFFETS

Le chorus permet d’identifier immédiatement le son Summers. On peut dire qu’il a beaucoup contribué à la popularisation de cet effet en en faisant l’effet number one d’une bonne partie des années 80. Il affectionne tout particulièrement les chorus TC Electronics, modèles du genre. On trouve encore du flanger dans les sons d’Andy et plus rarement du phasing. L’autre effet majeur est le delay qui est de tous les types, comme nous l’avons vu précédemment, la stéréo étant omniprésente. On signalera encore que les distos sont plutôt obtenues à l’ampli. Enfin, pour la réverbe, Summers est un grand amateur de PCM Lexicon.

• POUR AVOIR LE SON ANDY SUMMERS

La guitare : utilisez se préférence une Fender Telecaster, bien qu’une Fender Stratocaster permette d’être très proche du son original, à condition de respecter certains réglages d’amplis. 

L’ampli : l’effet chorus étant obtenu avec une pédale ou un multi effet, on évitera le Roland JC120 et on utilisera un Marshall avec deux canaux. Mettez du gain sur le canal clean et une EQ un peu agressive qui vous permettra de vous rapprocher de son Telecaster si vous utilisez une Strato. Pour le canal saturé, overdrive de rigueur. 

Les effets : prenez des pédales pour obtenir le chorus ou le flanger qui sont présents sur la plupart des parties. Pour les delay, au vu de certains réglages subtils, je vous conseille un multi effet. 

         JJ REBILLARD


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Rédigé le  7 août 2014 15:50 dans POLICE  -  Lien permanent

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