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STORY ET ANALYSE DE STYLE : PINK FLOYD (PART 3)


INFLUENCES

Au moment de sa formation, le groupe affirme sa fidélité au blues (son nom résulte de la contraction des prénoms de deux bluesmen peu connus, Pink Anderson et Floyd Council). Mais nous sommes en plein psychélélisme et Syd Barett écoute pas mal de musique indienne.

De plus, ses parties demandent un fort soutien des claviers qui doivent déterminer l’ambiance de base. Ce mélange sera celui de Pink Floyd et David Gilmour ajoutera sa touche personnelle.

Notre ami a grandi au son du blues dont il a conservé les composantes les plus fluides, celles de Big Bill Broonzy et de Lonnie Johnson, mais il a aussi beaucoup écouté les Shadows de Hank Marvin. Il en a conservé l’usage du vibrato (bar) et a été fortement marqué par leur impact mélodique.

Ajoutez à cela l’influence d’Eric Clapton pour son interprétation du blues et son sens aigu de la note bien placée, rythmiquement comme harmoniquement. Finissez avec une pincée de Hendrix et de Jeff Beck pour le côté expérimental et vous saurez de quel bois est fait David Gilmour.

Mais le vrai David Gilmour (entendez celui que vous écoutez dans Pink Floyd) est vraiment né  plus tard, en 1970-1971 à l’époque de Meddle, et il parle lui-même de ses soli dans Echoes comme de ses premières vraies parties de guitare. Un mélange de Albert King, Hank Marvin, Jimi Hendrix ?

Il est vrai que le jeu de Gilmour fait parfois penser à celui de ces trois guitaristes mais il semble que son originalité soit vraiment de fruit de sa richesse mélodique. Enfin, il faut rendre à César ce qui lui appartient et on soulignera les grands talents de compositeur de Roger Waters.

Ses trois ex-compères l’aident à mettre en scène la musique mais le son Pink Floyd est peut-être encore plus le fruit de l’imagination de Waters que toute autre chose.

FIGURES DE STYLE

Au plan général les caractéristiques de la musique du Floyd sont les suivantes. On note d’abord un style très symphonique, avec une  présence importante des synthés qui dominent largement la guitare sur le plan harmonique.

De plus, le groupe n’hésite pas à utiliser des sections de cordes, des choeurs féminins voire des orchestres classiques entiers. La rythmique est toujours simple mais très fine. La ligne de basse reste entièrement dévouée à la cause mélodique et Roger Waters n’est pas sans rappeler un certain Paul Mc Cartney.

Ses parties rythmiques sont sobres. Dans certains cas il n’hésite pas à employer du delay sur des rythmiques simples qui deviennent alors complexes à exécuter puisque l’on joue avec l’effet au sens propre.

On n’oubliera pas de mentionner l’utilisation de mesures peu courantes ou de mélanges de mesures dans les compositions. Et oui, on peut faire un tube en 7/4 (Money).

Les lignes mélodiques sont très travaillées et partagées entre les voix, les guitares et certains instruments d’appoint comme le saxophone.

D’ailleurs les compos du groupe s’inspirent davantage de la musique symphonique au sens classique du terme que de la chanson.

Ceci explique le partage des mélodies entre la voix et les autres intruments. Enfin le blues est toujours présent, dans les structures comme dans l’expressivité du jeu de Gilmour.

L’utilisation massive d’effets spéciaux sonores ou visuels est la marque de fabrique du Floyd.

Tous les instruments peuvent y avoir droit et être traités avec des delay, des flangers, des harmonisers et autres  réverbes spatiales.

Les effets spéciaux visuels, notamment les light shows qui complètent la panoplie et font de chaque concert du groupe un événement.



LA GUITARE SELON DAVID GILMOUR


Laissons David Gilmour se définir lui-même : « j’ai un style particulier, tout simplement parce que j’ai hérité de ces doigts-là, particuliers.

Ils ne sont pas franchement rapides et il y a des choses qu’ils ne peuvent pas faire et d’autres choses qu’ils sont les seuls à pouvoir exécuter ».

Effectivement, regardez les films et les vidéos de Pink Floyd. Les doigts de Gilmour ne lui permettent pas une grande rapidité. Ils sont plutôt trapus et il a dû passer un bon bout de temps à trouver quel parti il pourrait en tirer.

Si vous ne l’avez pas compris vous allez en faire la triste expérience avec tous les bends du maître. Ses doigts ont une force colossale et chez lui, les bends de deux tons voir deux tons et demi sont plus que fréquents.

Et puis, pas de rapidité ? Qu’importe, c’est le blues, l’expression et la force mélodique qui comptent avant tout. Comme quoi une morphologie désavantageuse à première vue peut devenir ensuite un auxiliaire plus que précieux.

Outre ces deux caractéristiques, la force mélodique et l’expression, on retiendra un sens aigu des nuances, un jeu lead prédominant, un son hors du commun avec une panoplie d’effets et une grande inventivité, des rythmiques simples et efficaces.

Enfin, son utilisation bien particulière de la gamme pentatonique mineure qu’il croise fréquemment avec la gamme mineure est une des caractéristiques principales du style Gimour.

JJ RÉBILLARD


Rédigé le  23 nov. 2015 13:02 dans PINK FLOYD  -  Lien permanent

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