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STORY ET ANALYSE DE STYLE : PINK FLOYD (PART 1)


ARE YOU EXPERIENCED
                                                        
En cette année 1966, il reste encore bien des choses à inventer en matière de rock et l’heure est aux expérimentations les plus folles. Tout est permis, l’important étant de vivre à fond son trip, en le partageant naturellement avec les autres.

En fait, le trip en question correspond souvent à un voyage intérieur, en quête de la connaissance de soi, afin de s’ouvrir davantage sur l’extérieur.

Libérer toutes ses pulsions refoulées, s’affranchir de toute morale bourgeoise, briser les interdits et aimer son prochain sont les grands messages du moment.

Mais pour cela, il faut être initié, "experienced” comme le disait Jimi Hendrix et l’initiation en question a souvent lieu à l’occasion des concerts qui se produisent spontanément un peu partout à cette époque.

Le LSD facilite généralement l’initiation et c’est dans cette atmosphère de délire expérimental que vont naître les premiers groupes d’un genre que l’on qualifiera ensuite de progressive rock et qui sera le courant musical principal du début des seventies.

Parmi ces groupes, Soft Machine qui inventera le free rock, style aujourd’hui oublié mais qui pourrait bien revenir un jour, avec pourquoi pas, un zeste d’électro...et Pink Floyd, bien sûr, grand créateur de la musique planante.


PSYCHÉDÉLISME EXPÉRIMENTAL

Jamais imité, le Floyd est absolument unique et sa carrière peut se diviser en trois périodes. La première est celle du line up original avec « Syd » Barett (Roger de son vrai prénom, cherchez l’origine du surnom). Le groupe a déjà ce son si caractéristique mais sa musique est beaucoup plus folle, à l’image des délires de son leader.

Syd invente pratiquement une nouvelle façon de jouer de la guitare à l’instar d’un autre créateur du genre, Brian Jones mais avec un style et un sens de la composition tout aussi expérimental que son sens de l’harmonie. Malheureusement Syd abuse de certaines substances et il disjoncte bientôt complètement. Roger Waters prend alors les choses en main, devient à son tour le leader du Floyd et c’est le début de la seconde période.

Il remplace d’abord Syd Barett par son ami d’enfance David Gilmour. Laissons ce dernier apporter son témoignage sur cette époque : « le Pink Floyd était jusqu’alors complètement imbuvable sauf pour une certaine élite ». Avant que je ne les rejoigne, ils se plantaient partout, leurs concerts étaient des désastres, sauf quand ils jouaient dans des clubs comme l’UFO ou le Middle Earth à Londres.

Partout ailleurs, le public se précipitait vers la sortie au milieu de leur premier morceau, parce qu’ils jouaient des improvisations, alors que les gens espéraient entendre les chansons du premier album, The Piper At The Gates Of Dawn”. Et David Gilmour n’est absolument pas prétentieux car son apport a certainement beaucoup aidé le groupe à rendre sa musique plus accessible.

En fait, il a parfaitement intégré sa science de la mélodie à la musique du Floyd mais il a respecté totalement le psychédélisme expérimental de Syd Barett. On soulignera donc l’importance du premier leader du groupe qui n’aurait cependant peut être pas connu une telle carrière sans David Gilmour.


MATURITÉ, PERLES RARES ET PROCÈS

La seconde période de Pink Floyd est de loin la plus riche et la plupart des albums sont des perles rares, à commencer par Ummagumma, Meddle et surtout Dark side of the moon, chef d’oeuvre parmi les chefs d’oeuvre.

Le groupe est dominé par le tandem Gilmour - Waters, mais la fixation obsessionnelle de ce dernier sur le leadership total aura raison du Floyd de cette seconde période, au début des années 80.

Waters voulait tellement dominer qu’il se retrouve bientôt seul à bord d’un vaisseau fantôme. Certains ont prétendu que Waters était un peu scotché lui aussi et jamais vraiment redescendu au bout du compte, comme Syd, dans un autre genre mais en vrai mégalo.

Pourtant, dans les années suivantes, Waters a prouvé qu’il représentait bien l’une des deux faces du Floyd en assurant sa continuité. Par ailleurs il a pris régulièrement des positions engagées et honorables en matière politique ou humanitaire.

Mais pour l’heure, le groupe entre dans sa troisième période qui est d’abord celle des procès en tous genres et c’est finalement le groupe des « trois princes félons » qui aura gain de cause et récupérera le nom à son compte.

Il récupérera aussi une coquille quelque peu vidée de sa substance, qui ne sera plus jamais l’égal du Floyd d’antan. Néanmoins, il reste aux fans inconsolables des deux premières périodes les nombreux témoignages discographiques du groupe.

En 2005, le line up original de la seconde période est réuni pour le Live Aid mais l’entente entre Roger Waters et David Gimour ne semble toujours pas très cordiale.

Un premier pas, malgré tout, qui comble plusieurs générations de fans. Puis Syd Barett décède en 2006, bientôt rejoint par Rick Wright en 2008, enterrant automatiquement l’idée d’une reformation de Pink Floyd.

Les trois derniers Floyd se retrouveront pourtant lors d’un concert de Waters pour deux titres dont le final en mai 2011. Enfin, David Gilmour sort en septembre 2015 son quatrième album solo accompagné notamment de Graham Nash, David Crosby, Robert Wyatt (Soft Machine) et d’autre invités. Un retour aux sources des 60’s ? 


JJ RÉBILLARD
Rédigé le  28 oct. 2015 18:02 dans PINK FLOYD  -  Lien permanent

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