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STORY ET ANALYSE DE STYLE : ERIC CLAPTON (PART 1)


CLAPTON IS GOD

En juillet 1966, on peut voir sur de nombreux murs de Londres "Clapton is God”, un témoignage vibrant des fans de la première heure à leur icône, à laquelle ils vouent une véritable vénération. Deux mois plus tard, en septembre, c’est un jeune guitariste américain, James Marshall Hendrix, qui arrive à Londres en compagnie de son manager Chas Chandler et demande à rencontrer au plus vite Eric Clapton. Il a une grande admiration et un profond respect pour lui, puisque selon ses dires, "Clapton is the sound and the tone”. A cette époque, Eric est déjà au sommet de son art comme l’illustre le fameux album des Bluesbreakers de John Mayall dont il est le guitariste. Sa magistrale reprise de Hideaway du grand Freddie King, ou sa superbe version de Ramblin’ On My Mind de Robert Johnson révèlent un nouveau prodige du blues. Un guitariste hors pair et un interprète fabuleux qui va bientôt se doubler d’un compositeur génial et d’un producteur-arrangeur plus que talentueux.


UNE CARRIÈRE MYTHIQUE

De fait, Eric  Clapton est un guitariste particulièrement brillant. Il a joué ou jammé avec les plus grands noms du blues et du rock, de Muddy Waters à B.B King, en passant par Jimi Hendrix, Duane Allman, Stevie Ray Vaughan ou Mark Knopfler, pour n’en citer que quelques uns. Il a également fondé des groupes légendaires (Cream, Blind Faith, Derek And The Dominoes...) et appartenu à des formations des sixties quasiment mythiques comme les Yardbirds ou les Bluesbreakers de John Mayall. Par ailleurs, il a placé des dizaines de titres au sommet des charts américains et britanniques, se révélant ainsi fin compositeur et arrangeur de talent. Mais c’est certainement l’émotion émanant de son jeu qui est sa première caractéristique. A cet égard, plusieurs titres de l’album Pilgrim sorti en 1998 sont littéralement bouleversants.  Cette marque de fabrique du son Clapton est certainement due à son parcours mouvementé et parfois douloureux. Il a rencontré des périodes très difficiles avec des excès de drogue et d’alcool, la perte d’amis ou de personnes proches comme son fils décédé accidentellement. A chaque fois, il surmonte et sort même enrichi de ces expériences difficiles car il a largement assimilé la philosophie du blues noir à tous les niveaux. Cette maitrise du blues tant au plan spirituel qu’au plan technique lui confère un toucher magique et un sens des nuances hors du commun. Il intègre sa science du blues à tous les styles de musique qu’il pratique, du Chicago blues le plus basique au reggae, sans oublier la pop music, le country rock ou l’électro. Une telle science suppose peut-être un pacte avec le diable, comme celui qu’avait conclu son maitre Robert Johnson, ainsi que le veut la légende. Mais God ne peut conclure de pacte avec Satan...



A PROPOS DU STYLE ET DU SON

Comme nous l’avons vu précédemment, le style Clapton rime avec le blues, quelle que soit l’époque. Des Bluesbreakers à son album de reprises de Robert Johnson, en passant par Just One Night ou Pilgrim, le blues est omniprésent tout au long de son oeuvre. En fait, Eric Clapton pratique de nombreux styles. Grand maitre du blues traditionnel (Blues Before Sunrise), il est aussi le spécialiste du rock psychédélique (Disraeli Gear) ou du blues rock (Just One Night).  Il est aussi à l’aise en reggae (I Shot The Sheriff) que dans les ballades (River Of Tears) et son chef d’oeuvre électro prouve qu’il sait également utiliser les machines et autres samples.....au service du blues qui reste la couleur dominante. Côté son, Eric Clapton est co-producteur dans la plupart des cas et supervise les prises comme les mixages. Le son est à la fois authentique et moderne, toujours adapté à la couleur dominante de l’époque. A titre d’exemple, l’album Blues Before Sunrise à le son du Chicago Blues des fifties mais il a la puissance des productions grunge, ce qui est logique car il coïncide avec l’apogée de ce style. Dans un autre registre, Pilgrim sort en pleine période techno. Les références au blues traditionnel sont nombreuses mais le son est complètement électro. Au bout du compte, l’équation est toutefois assez simple car Eric Clapton sait bien s’entourer. En travaillant avec des légendes du son et les maitres du moment en matière de production ou de mastering, il obtient le résultat que l’on connait. En reprenant l’exemple de Pilgrim, notre équation se réduit à la formule Eric Clapton (music) + Alan Douglas (ingénieur du son) + Simon Climie (production) + Bob Ludwig (mastering) = authenticité + modernité. Simple, non ?

JJ RÉBILLARD

Rédigé le  13 oct. 2014 19:47 dans ERIC CLAPTON  -  Lien permanent

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