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STORY ET ANALYSE DE STYLE : BOB MARLEY (PART 2)



ORIGINES ET COMPOSANTES MUSICALES DU REGGAE. 

Deux composantes sont essentielles dans l’origine du reggae : le rythme africain avec ses lignes mélodiques issues de la pentatonique mineure et la musique indienne, avec sa gamme pentatonique majeure que l’on retrouve souvent dans les riffs ou les solos. Par ailleurs, une bonne dizaine de styles est perceptible lorsque l’on se plonge un tant soit peu dans l’écoute du reggae. 

Il y a bien sûr le blues et ses hollers, la chanson des années 40 et 50, le gospel, le calypso et sa version locale le mento, le jazz, le ska, le rythm’n blues, la soul des sixties ou le funk. En fait, une bonne partie de ces composantes est déjà présente dans le ska des années 60. 

Il nous faut revenir un peu à l’histoire pour mieux le comprendre. Le mento ou le calypso sont caractérisés par une pulsion où les contretemps sont largement mis en valeur. A l’époque, la radio diffuse beaucoup de backbeat que l’on trouve généralement dans la musique New-Orleans.

Il s’agit en fait de l’afterbeat où les deuxième et quatrième temps sont accentués. Dès lors, les grooves verront les temps forts inversés, soulignés par la grosse caisse et la caisse claire ou le rimshot. 


SKA-TALITES

Fusion entre le mento et le backbeat, le ska est né et avec lui les Ska-talites dont les membres sont des musiciens de Kingston issus du jazz. Le ska est la musique des Rude Boys de la capitale jamaïcaine. A cette époque, un phénomène se généralise : il s’agit des sound systems, véritables ancêtres des discos mobiles ou des sonos des rave de la fin des années 90.

Le sound system est une discothèque mobile composée d’un tourne-disque, d’un ampli et des plus grosses enceintes que l’on puisse trouver. Les DJ’s diffusent les derniers 78 tours de rythm’n blues américains. Mais celui-ci est trop imprégné de rock’n roll pour les Jamaïcains.

Cela va conduire les DJ’s a produire leurs propres disques. On citera Sir Coxsone, Prince Buster ou Prince Edwards. A l’époque, l’atmosphère est assez violente, et les bastons entre DJ’s sont monnaie courante.

Pourtant ce petit monde s’organise bientôt et Sir Coxsone System, animé par Clément Dodd, devient une véritable institution en matière de production musicale jamaïcaine. Et c’est ici que l’on retrouve Bob Marley. 


PARCOURS ET INFLUENCES

Né en 1945, d’une mère jamaïcaine et d’un père anglais, Robert Nesta Marley n’aura que très peu de contacts avec son père. Sa mère aura par contre une influence musicale prépondérante dans l’éducation de Bob. Membre des choeurs de l’église locale, Cedella Marley inculque à son fils l’art du gospel que l’on retrouve en permanence dans la musique des Wailers. D’ailleurs la famille ne manque pas de musiciens. Son grand père joue du violon et de l’accordéon, son oncle de la guitare et du banjo dans des groupes locaux.

Son enfance est donc baignée par la musique et dès l’âge de cinq ans, le jeune Bob chante son premier mento, Touch Me Tomato.

A 14 ans, Bob est hyper branché par le calypso et il file directement à Kingston, plus exactement à Trench Town, un faubourg de la ville qui est en fait un véritable ghetto.

Il y devient rude boy et rencontre très vite Bunny Wailer.

Les deux amis sont influencés par des groupes vocaux américains comme les Drifters, les Impressions ou des chanteurs de soul (Solomon Burke, Sam Cook) et de rock (Elvis Presley).


Le blues et le jazz font également partie de leurs influences car ils sont fortement ancrés dans la culture jamaïcaine. Ils prennent à cette époque des cours avec un certain Joe Higgs, professeur, auteur et chanteur très lié aux rastas. C’est lors de ces cours qu’ils rencontrent Peter Tosh. Peter chante et joue de la guitare.

Les voix des trois futurs Wailers s’accordent à merveille et Higgs les aide à progresser rapidement. Higgs apprend également la guitare à Bob et Bunny et développe les connaissances musicales du trio. Les Wailers sont nés. Ils font alors connaissance avec le batteur  Alvin "Seeco” Patterson (leur percussionniste sur de nombreux albums) qui leur enseigne les secrets des rythmes africains et de la musique rastafari.

Bob acquiert un véritable sens du groove accompagné d’une grande rigueur rythmique. Patterson présente bientôt Clement Dodd du Sir Coxsone System aux Wailers. Dodd vient d’ouvrir le célèbre studio One et produit le premier titre du trio qui est accompagné par les fameux Ska-talites. «Simmer Down» devient, pour la jeunesse jamaïcaine, l’équivalent de «Satisfaction» des Rolling Stones. Le succès est donc total et les Wailers deviennent le groupe fétiche des Rude Boys. 


JJ RÉBILLARD

Rédigé le  16 mars 2015 15:21 dans BOB MARLEY  -  Lien permanent

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