Blog JJ Rébillard

QUEEN

STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 7)


ANALYSE DES TITRES EN VERSION INTEGRALE


• CRAZY LITTLE THING CALLED LOVE

Influences skiffle : pastiche du rockabilly des fifties, Crazy Little Thing Called Love est un titre qui révèle un style inhabituel chez Queen mais fait référence aux premières influences skiffle du groupe.

La pulsion rythmique en croches ternaires est en effet totalement typique de ce style. Côté son, utilisez une guitare acoustique pour les parties rythmiques et une guitare électrique en son clean, limite du crunch pour les leads.

La guitare acoustique est jouée par Freddie Mercury et n’est pas difficile, en apparence. Mais il faut toujours se méfier de ce genre de plans, simplissimes au premier abord, plus délicats à exécuter dans les faits.

Ainsi, c’est le groove, l’accentuation et les syncopes qu’il faut soigner ici. Ecoutez bien l’introduction en guitare seule sur le CD du GC ou sur l’original.

Afterbeat : elle permet d’entendre des accents sur les premier et deuxième temps, l’afterbeat (deuxième temps) étant le plus accentué. Une fois la formule maitrisée, on peut exécuter la rythmique sans problème.

Vous noterez que l’accentuation du premier temps est moins importante dès l’entrée de la section rythmique et qu’il faut alors surtout soigner l’afterbeat et la syncope.

Après le pont, la guitare électrique fait une entrée remarquée, et le muting de la partie qui double la basse permet d’obtenir un son qui fait penser à une section de cuivres. Les réponses qui suivent ne sont pas difficiles et il s’agit simplement de respecter la mise en place.

Par contre la dernière descente est bien plus redoutable et particulièrement efficace.

Le solo : on travaille sur la gamme de blues au troisième stade, obtenue à partir de la gamme pentatonique mineure à laquelle on ajoute la seconde majeure, la sixte majeure et les blue notes. Le solo qui suit est très fluide et il ne s’agit pas de prendre le moindre retard. On remarque les bends et la dernière phrase qui respecte parfaitement les harmonies.

Notez également la présence de la sixte mineure qui est correspondante à la fondamentale de l’accord sous-jascent (Sib). Les plans de la fin ne sont pas plus difficiles et vous pouvez vous en inspirer pour jouer sur l’ad lieb.


• I WANT IT ALL

Des guitares en évidence : avec son riff célèbre et ses arrangements particulièrement bien vus, I Want It All est très représentatif du heavy rock de Queen. Dans ce morceau, les guitares sont mixées très en avant et il est donc facile d’entendre clairement toutes les parties.

Prenez une distorsion pour ce troisième titre. Vous pourrez ajouter un compresseur dans les solos, dans le but d’obtenir davantage de sustain.

Commençons avec les guitares rythmiques de l’intro. Elles exécutent un riff en Sim qui constitue le motif de base du morceau. Il est très simple et doit son efficacité aux syncopes.

La guitare 2 exécute un motif simplifié alors que la guitare 3 est beaucoup plus dense. Quant à la guitare 1, elle joue un lead plus que célèbre, construit sur la gamme de Si pentatonique mineure et le phrasé est superbe avec des plans assez rapides, très efficaces.

Riff de base : ces leads sont articulés autour des positions I et IV et on note les nombreux bends. Le couplet 1 est joué à la guitare acoustique. Vous prendrez donc un son clean pour cette partie qui reprend le riff de base additionné de quelques nuances harmoniques et rythmiques.

Pour les 4 mesures de pré-refrain, deux guitares électriques s’ajoutent aux acoustiques en musclant le discours.

Renversements d’accords : dans le refrain, trois guitares jouent à présent le riff et notera qu’elles sont basées sur les renversements d’accords, selon des parties bien différenciées et complémentaires.

Pendant ces différentes parties, la guitare lead continue d’effectuer des plans qui sont autant de réponses au chant. Ils sont construits sur Si pentatonique m mais Brian May utilise la technique des croisements en ajoutant fréquemment la seconde majeure de la gamme mineure.

Le solo : après un deuxième couplet suivi d’un nouveau refrain, on passe au pont. On module alors en Si blues et les arpèges sont basés sur l’utilisation d’intervalles de sixte et de renversements.

Sur le solo, le tempo augmente considérablement. Un motif rapide basé sur des pull-off successifs annonce ce passage qui commence sur un long bend suivi d’un vibrato magistral typique du style Brian May.

Durant les premières mesures, Il alterne des notes tenues avec des plans véloces construits sur la gamme de blues de Si.

On notera le caractère toujours très mélodique des phrases et une bonne analyse des intervalles est conseillée.

Ensuite, le jeu devient de plus en plus rapide jusqu’à la fin du solo où l’on remarque une dernière phrase avec des guitares harmonisées en tierces du meilleur effet.

La fin ne voit pas de nouvelles difficultés, si ce n’est un superbe plan blues exécuté sur les ultimes tenues de synthé.

JJ REBILLARD
Rédigé le  29 nov. 2016 20:17 dans QUEEN  -  Lien permanent
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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 6)



ANALYSE DES TITRES EN VERSION INTEGRALE


• THE SHOW MUST GO ON

L’hymne du hard rock symphonique : titre majeur (mais très mineur d'un point de vue modal) de l'album Innuendo, il s’agit certainement du plus grand hit de Queen, tout au moins pour le grand public et c’est également un hymne pour le hard rock symphonique.

Révélateur et annonciateur de la suite des évènements jusque dans son titre, The Show Must Go On peut pratiquement être considéré comme un adieu et il est vrai que ce morceau est particulièrement fort et émouvant.

Freddy Mercury y déploie son art de façon fantastique et le frisson est présent dès le début du morceau, les choses ne cessant ensuite de s’amplifier jusqu’au final grandiose. Notre ami est particulièrement épaulé par son équipe et les claviers sont somptueux, tout comme les guitares et la rythmique basse-batterie.

Mur de claviers : la production est un véritable chef d’œuvre et on notera le mouvement de crescendo qui la caractérise, que l’on retrouve dans la vidéo officielle. Enfin, le titre est basé sur un véritable mur de claviers, comme tous les grands morceaux de hard symphonique.


Vous remarquerez que la rythmique est retenue en permanence, ce qui a pour conséquence un groove assez lourd et pesant. Celui-ci s’oppose au caractère aérien du chant de Freddy Mercury qui peut ainsi se livrer sans retenue à toutes les prouesses et autres acrobaties vocales possibles.

On signalera encore les chœurs magiques et leurs harmonies magistrales et on n’oubliera pas le formidable travail de Brian May dont les guitares lead constituent un contrechant mélodique permanent. Sur le plan du mixage, les guitares rythmqiues sont mixées dans les claviers comme vous pouvez le constater en écoutant l’original ou ma version de GC qui respecte ces données. Passons à l’analyse de détail de ce titre que j’ai découpée en deux parties.

Partie 1 : elle correspond à l’intro, au couplet 1, au refrain 1 et au couplet 2. Il n’y a pas de guitares dans l’intro et la guitare 1 commence à la fin du premier couplet.

Il s’agit d’effets volumes ou effets violons que l’on pourra obtenir de deux façons.
Avec le potentiomètre de volume de la guitare et dans ce cas, la main gauche jouera un bend d’un ton et demi en case 14.

Ce bend sera ensuite relâché et suivi d’un slide vers les cases inférieures. On coupera alors le volume simultanément et l’idéal est d’ajouter un délay qui permet au son de se fondre dans les synthés. Dans le deuxième cas, on utilisera une pédale de volume et le vibrato (bar) de la guitare, ce qui n’est pas forcément plus évident.

De toutes, façons, je vous conseille de pratiquer les deux exercices qui sont excellents pour le contrôle du son. Un deuxième effet volume et une réponse au chant complètent la partie de la guitare 1 de ce premier couplet.

Une rythmique pas si facile :
après un premier accord en tenue, la guitare 2 attaque une rythmique en croches assez difficile à exécuter car vous noterez qu’elle s’imbrique parfaitement dans le groove basse-batterie. Il faut donc jouer « au fond du temps » et se fondre dans les synthés.

Un peu sous-mixée en apparence, cette partie n’en est pas moins fondamentale pour durcir la rythmique globale. Avec le refrain, la guitare 2 passe sur des tenues ponctuées de quelques dead notes et d’une liaison mélodique en doubles croches. La saturation augmente notablement.

Modulation :
en fin de refrain, on retrouve la guitare 1 qui participe à la modulation et à sa résolution de belle manière puisque l’on passe de la tonalité de Sim à celle de Do#m.

Harmoniquement, l’accord des claviers (Fa#M9) contient le IVème degré de la nouvelle tonalité (degré tonal) et la 9ème est un Sol#, dominante de Do#m. Préparée harmoniquement, la modulation est résolue avec la liaison mélodique de la guitare 2 qui est presque entièrement commune aux deux tonalités.

Pendant le couplet 2, peu de choses à signaler si ce n’est la transposition de la rythmique en Do#m. La guitare 1 est en question-réponse avec le chant et est basée sur la gamme de Do#m avec des phrasés très mélodiques.

Partie 2 et premier solo :
la deuxième grande partie du titre comprend le refrain 2, le solo 1, le pont et le solo 2. Retour en Sim en fin de couplet 2. La modulation est l’inverse de la précédente mais elle est préparée et résolue exactement de la même façon.

Après un refrain 2 plus dense que le précédent (la tension monte encore d’un cran), on passe au solo 1. Il commence sur Si penta m en position VII mais Brian May ajoute rapidement la 2de M et la 6te m de la gamme de Sim.

Le phrasé est assez rapide avec un mélange de doubles croches et de sextolets, puis on continue sur une nouvelle phrase assez véloce construite sur la gamme de Sim en position I à l’octave supérieure. Enfin, Brian conclut ce premier solo par une série de bends à l’unisson et on passe au pont.

Pont et solo 2 : nouvelle tonalité pour ce passage en Lam et The Show Must Go On est vraiment un bel exemple pour les modulations. Les deux guitares exécutent ici des arpèges ponctués de liaisons mélodiques du meilleur effet.

Avec le refrain 3, on revient en Sim et les deux guitares rythmiques commencent à être bien musclées. Elles sont réparties L/R dans l’espace stéréo. La guitare lead exécute quelques liaisons et accords sur la fin de ce refrain puis on passe au deuxième solo, toujours construit sur la gamme de Sim.

La première phrase rapide ressemble un peu à celle du solo 1 mais elle n’est pas placée de la même façon au plan rythmique et l’effet harmonique n’est de ce fait plus le même. De plus, il y a davantage de notes et vous devrez travailler d’abord à basse vitesse.

Enfin, on termine sur une phrase en doubles croches plus évidente et le morceau s’achève sur un quatrième refrain et des samples vocaux particulièrement bien vus. Un chef d’œuvre d’un bout à l’autre.

JJ RÉBILLARD
Rédigé le  28 nov. 2016 15:41 dans QUEEN  -  Lien permanent
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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 5)


MATOS DE CHOC

• GUITARES

Brian May joue principalement sur la fameuse Red Special. C’est une guitare qu’il a conçue avec son père en 1965 et sa forme s’inspire d’une Framus solid body dont les pans coupés seraient toutefois différents.

Le corps est en acajou et le manche en chêne, celui-ci ayant été récupéré dans une vieille maison abandonnée depuis des lustres. Les micros sont des Burns Tri-Sonics mais Brian May les a modifiés en les rebobinant et....en les remplissant d’araldite pour éliminer les parasites.

Chaque micro possède un switch d’inversion de phase ainsi qu’un switch on-off. Avec deux switches par micro et trois micros, on a donc six switches auquel on ajoutera un potentiomètre de volume et un trebble-cut.

Les micros sont de plus montés en série. On signalera pour la petite histoire que Brian May avait ajouté une distorsion (fuzz-box) qu’il avait carrément incorporé dans sa guitare, mais cette disto a été supprimée au milieu des seventies.

Il joue parfois sur le modèle Guild qu’il a conçu à partir de la Red Special, mais c’est beaucoup plus rare. Côté cordes, il utilise un tirant ultra light 009-010-011-016-022-034 et le Mi 6ème est ainsi celui de la corde de La d’un jeu 009-042 ordinaire !

Ajoutez encore une action très basse de ses cordes et vous comprendrez aisément que notre homme puisse tirer de sa guitare des sons inédits puisqu’il a une guitare unique, un tirant unique et action des cordes toujours aussi unique.



• AMPLIS


A ce niveau, Brian May est avant tout fidèle aux Vox AC30 mais il possède aussi un Gallien Kruger et un petit ampli stéréo fabriqué par l’un de ses roadies.

En overdrive, il arrive à faire sonner ce dernier comme une flute ou une section de cordes en fonction des réglages choisis.

• EFFETS

Sur ce plan, le guitariste de Queen est assez prolixe et s’est toujours démarqué en utilisant des effets assez peu communs. Il avait même un rack d’effets en tous genres particulièrement impressionnant à la fin des seventies.

Actuellement, il se sert d’un booster, d’un Vox phaser, d’un harmoniser Eventide (monstrueux mais coûteux) et de deux digital delay MXR.

Ajoutez une pédale chorus Boss et et deux pitch transposers ART et vous aurez une idée complète sur la question. 


POUR AVOIR LE SON BRIAN MAY


• La guitare :
sur ce plan, j'ai envie de vous dire...prenez la Red Spécial de Brian et tout sera plus simple. Il est possible en trouver des modèles de série pour moins de 800€ mais je je suis pas certain que ce type d'instrument vous permette d'approcher vraiment le son du maitre.

Dans ce cas, il vous sera très utile d'avoir un multi-effet ou un rack très performant composé de nombreuses pédales.

Une guitare comme la Music Play JJ Rébillard dont je me suis servi sur tant de Guitar Collector's avec ses deux micros Bill Lawrence à barettes (empilage vertical) et son double Seymour Duncan Billy pourra largement faire l'affaire...si vous avez aussi les switches qui vous permettent d'avoir les 11 combinaisons de sons.

En bref, il est conseillé d'avoir une guitare un peu sophistiquée voire customisée !!

• L'ampli : les VOX AC30 sont très conseillés mais le Gallien Kruger, plus moderne est également très bien.

Les effets : comme nous l'avons vu précédemment, munissez-vous d'un rack composé de multiples pédales qui sera performant pour approcher les qualités vintage du son Brian May. Mais un bon multi effet plus classique fera très bien l'affaire, à condition de passer pas mal de temps en programmation. 

JJ REBILLARD   
Rédigé le  8 nov. 2016 19:41 dans QUEEN  -  Lien permanent
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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 4)



REVUE DE DETAILS

Brian May est un instrumentiste complet au plan rythmique et harmonique comme au plan mélodique. Pour les rythmiques et les riffs, on retiendra d’abord les formules en tenues, classiques du metal, le plus souvent en son saturé.

Les plans en croches associant le muting et différents types d’accentuation sont aussi très fréquents, comme les riffs et rythmiques syncopées. Pour les plans en croches avec muting et mélange d'accentuations, la rythmique de The Show Must Go On est un magnifique exemple.

Elle associe également les formules en tenues avec un son d'une rare puissance, résultant de la combinaison basse, synthés et guitare saturé. Les formules rythmico-mélodiques largement basées sur l’utilisation des renversements d’accords sont encore une marque de fabrique de son style.

Les riffs hard-funk ou heavy funk utilisant dead notes et appels sont souvent employées, tout comme les cot cot et autres rythmiques funky.

Enfin, on trouve des schémas plus classiques, dans les ballades à la guitare acoustique ou des plans blues associant parfois les opens (notamment le D dropped tuning).

Pour les solos, on trouve en premier lieu les lignes mélodiques basées sur les gammes pentatoniques mineure et majeure. Les plans sur les gammes de blues sont également nombreux.

Mais ses gimmicks les plus fameux sont certainement ceux qui empruntent les chemins des gammes mineures mélodiques et de la gamme mineure harmonique. La gamme majeure est moins fréquente mais on la trouve cependant régulièrement.

Enfin, les solos construits à partir des modes et des croisements sont courants et souvent agrémentés d’arpeggios.


LE SURPRENANT HÉRITAGE DE BILLY GIBBONS


Brian May se sert de toutes les techniques guitaristiques de base (hammers, pull-off, slides, bends) avec une prédilection pour les bends de tous types (le tirant et l’action des cordes n’y sont sûrement pas étrangers). On note encore l’emploi fréquent des trilles, en particulier sur les séquences de guitares harmonisées.

Brian est encore un spécialiste des harmoniques. Celles-ci peuvent être naturelles, sifflantes ou tapées. Remarquons à ce niveau qu’il connait très bien les techniques de tapping depuis 1977. Suite à une tournée Queen au Texas, Brian remarque dans un bar un guitariste qui joue déjà en tapping. Etonné, il lui demande quelle est cette technique et son origine.

L’homme lui apprend qu’il la tient lui-même de Billy Gibbons (ZZ Top) : qui l'eut cru ? Pourtant, bien des guitaristes revendiquent également cet héritage car Billy Gibbons est considéré comme un des premiers à avoir utilisé ces techniques, tout comme les guitaristes de Wishbone Ash...

Si l'on fait exception des pionniers en la matière, des guitaristes gitans d'Andalousie, dès les années 20, selon les historiens des techniques guitaristiques.  Brian se met donc au tapping que l’on peut entendre dans It’s Late ou One Vision.


UN GUITARISTE QUI FAIT TOUT SIMPLEMENT PARTIE DES MEILLEURS


Il n’en sera cependant jamais un fervent adepte dans la mesure où la musique du Queen des eighties ne s’y prête que rarement.

On terminera ce tour d’horizon en rappelant que Brian May a un vibrato main gauche spécifique.

Il est difficile à reproduire et est souvent associé à celui de la guitare (bar).

L’utilisation des techniques de finger picking héritées du ukulélé ou des pièces de monnaie en guise de médiator.

Les nombreuses nuances lui confèrent également un style et un son qui n’appartiennent qu’à lui.

En 1978, la presse internationale émettait quelques doutes sur les talents de Brian.

Elle prononçait alors un avis très circonstancié,  certifiant que la rock music comptait une pléiade de guitaristes bien meilleurs que Brian May.


Elle se trompait largement, car il faisait déjà tout simplement partie des meilleurs !! 

JJ RÉBILLARD
Rédigé le  18 oct. 2016 19:51 dans QUEEN  -  Lien permanent
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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 3)


LE SON BRIAN MAY

Brian May est un véritable guitar band à lui tout seul et l’on se souviendra pour l’anecdote que les six premiers albums de Queen portent la mention suivante : "Personne n’a joué de synthétiseur sur ce disque”.

Les sons de synthé sur les premiers albums étaient donc l’oeuvre de Brian May qui les produisait...sur sa guitare. C’est dire la fantastique palette de sons qu’il en tire. Il faut signaler à ce niveau que le tirant de ses cordes est capital (voir matos de choc).

Dans Procession qui ouvre le deuxième album, on peut entendre des violoncelles ou de l’harmonium mais ce sont en réalité des guitares. Ou plutôt une combinaison de sons de guitare avec différents dosages de saturation et de sustain.

De plus, Brian May n’attaque pas toujours les cordes avec la même intensité selon les parties et il choisit surtout des secteurs très variés. On peut ainsi le voir jouer en haut du manche avec la main droite. Il s’agit d’une nouvelle approche de la guitare qui fait largement référence à l’électronique, notre homme étant un véritable sorcier du son.

UN INNOVATEUR SONORE

On peut d’ailleurs le remercier pour avoir fait avancer les choses en matière de son de guitare électrique. Il figure parmi les plus grands aux côtés d’Elmore James, Jimi Hendrix, Jeff Beck, Jimmy Page, Robert Fripp, Adrian Belew, Steve Hackett ou Van Halen qui ont en commun le mérite d’avoir inventé un son nouveau.

Dans les faits, Brian May maitrise toutes les sonorités traditionnelles de la guitare électrique, du son le plus clean au son le plus saturé.

Mais son amour de l’électronique l’a également conduit à créer toutes sortes de sonorités moins conventionnelles qu’il obtient à partir des micros de sa guitare et de leurs multiples combinaisons (voir matos de choc).

De plus, le Géo Trouvetou de la six cordes a un pédalier magique à partir duquel il obtient des sons franchement inédits et parfois bien éloignés des sons traditionnels. On signalera ainsi qu’il est expert dans le maniement des harmonisers et autres delay.

C’est avec ces machines et des techniques instrumentales peu courantes (voir ci-dessus) qu’il se rapproche des synthés. Peu importent les moyens, seul le résultat final compte.

Enfin, les guitares harmonisées sont une marque de fabrique du son Brian May qui utilise toutes les techniques de contrepoint avec un talent rarement égalé dans la rock music. Ce son qui est aussi celui de Queen est la réponse aux harmonies vocales et contribue au caractère symphonique des arrangements.   

LA GUITARE SELON BRIAN MAY

Les principales caractéristiques du jeu de Brian May sont les suivantes. En premier lieu, le style May est très lyrique et mélodique.

Il faut savoir qu’il compose au piano et qu’il n’utilise sa guitare qu’avec le groupe, lorsque la structure du morceau est déjà assez aboutie.

Cela évite les bavardages inutiles et les déluges de notes incontrôlés qui sont totalement absents de son jeu. De plus, il possède un sens rythmique du phrasé admirable.

Une autre marque de fabrique du style May est l’art d’arranger plusieurs parties de guitare pour en faire un véritable orchestre symphonique.

Comme nous l’avons déjà vu, il manie particulièrement bien le contrepoint et toutes les techniques d’harmonisation.

Le toucher de Brian est également unique, notamment ses bends et son vibrato main gauche auquel il répond souvent avec le vibrato de la guitare (bar).

Sa technique main droite est bien particulière car il joue aux doigts comme les joueurs de ukulele (il n’a pas oublié ses débuts).

Il n’utilise pas de médiator et préfère se servir de pièces de monnaie de taille et d’épaisseur variable en fonction du son recherché.

Au plan purement musical, on signalera que Brian May utilise toutes les gammes, des pentatoniques jusqu’aux modes grecs, sans oublier de fréquents arpèges.

Notre homme est également un maitre dans l’art de moduler. La musique de Queen regorge à ce niveau de modèles du genre auxquels vous pouvez vous référer si vous souhaitez approfondir vos connaissances en harmonie. 

JJ RÉBILLARD

Rédigé le  11 oct. 2016 20:29 dans QUEEN  -  Lien permanent
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STORY ET ANALYSE DE STYLE : QUEEN (PART 2)


LE SON QUEEN

Côté son, celui de Queen évolue tout au long de la carrière du groupe. Au départ, Queen est un groupe de metal et le son du groupe est basé sur une alchimie des guitares et sur une section rythmique plutôt heavy.

L’aspect parodique de certains morceaux les amène progressivement à pasticher des styles bien définis, et ce dernier point est encore une caractéristique de leur propre style.

Ainsi, Crazy Little Thing Called Love est un pastiche de rockabilly, Another One Bites The Dust, une parodie du funk et We Will Rock You, une satire du metal.

En traitant ces styles au troisième degré, Queen récupère à son profit les recettes et les sons correspondants, d’où le caractère extrêmement évolutif du son du groupe. On distingue cependant deux grandes périodes.

La première remonte aux origines du groupe et dure jusqu’en 1980. C’est le Queen metal avec ses guitares et sa rythmique heavy. La seconde période correspond aux années 80.

Elle désoriente les premiers fans avec l’apport progressif des synthés qui deviennent parfois dominants. Le son se rapproche de plus en plus de la pop durant ces années.
 
UN FAMEUX TANDEM

Enfin le son Queen est dominé par le tandem Mercury-May. La voix fantastique de Freddy Mercury évoque souvent le charme désuet des années trente mais peut aussi être rauque, brutale ou déchirante. Dans tous les cas, les nuances sont travaillées à l’extrême. La voix lead est complétée par celles de Brian May et Roger Taylor qui sont tantôt choristes de luxe et tantôt complices habiles d’un véritable chanteur d’opéra.

Dans le domaine de l’harmonisation vocale, Queen est allé jusqu’au bout et c’est la première composante du son de la reine. Mais il est impossible d’évoquer le groupe sans parler de l’autre composante essentielle.

Il s’agit bien sûr du son des guitares de Brian May. Queen ne compte qu’un guitariste, mais on parle toujours de guitares au pluriel avec May. On sait qu’un certain Jimmy Page était déjà spécialiste du genre.

Brian May propose une autre déclinaison tout aussi passionnante. Il peut se vanter d’avoir créé un son unique qui peut prendre pratiquement toutes les formes connues à ce jour.

Clean, crunch, overdrive, distorsion, avec ou sans delay, avec ou sans harmoniser, le son Brian May est universel.

Mais il tire aussi des sons totalement inédits de sa guitare, comme nous le verrons plus loin. Cette première étude révèle un groupe et des musiciens hors du commun.

Quelles sont donc leurs influences et comment en sont-ils arrivés à produire une telle musique ? La réponse est dans le prochain paragraphe....

PARCOURS ET INFLUENCES

Les quatre Queen sont tout simplement des érudits sur le plan musical comme sur le plan général. Ils sont diplômés en dessin, en astrophysique, en biologie, en électronique et se rencontrent fort justement à l’université. La musique classique, voire baroque est leur univers musical de base et c’est tout à fait logique lorsque l’on considère le milieu musical dont ils sont issus.

Freddy Mercury y ajoute très vite la musique indienne et la musique country jusqu’à ce que passe la comète Hendrix qui le marquera à tout jamais.

Il pratique également le piano et peut ainsi harmoniser très facilement ses lignes mélodiques vocales dans la plus pure tradition classique.

Pour sa part, Brian May commence au piano et passe rapidement au ukulélé (original), puis découvre le skiffle et le rock de Tommy Steele.

Son père lui offre sa première guitare à l’occasion de son septième anniversaire et il commence alors à reproduire les solos de James Burton puis ceux de Chuck Berry ou de Bo Diddley et devient rapidement fan de Jeff Beck et des Tridents qu’il suit au gré de leurs concerts.

Viennent ensuite Eric Clapton, les Stones ou les Yardbirds. Il acquiert assez vite un bon niveau. D’abord incrédule au sujet de la réputation du Voodoo Child récemment arrivé à Londres, il va voir Jimi en première partie des Who en 1967....

Il ne sera plus jamais le même après ce concert comme il aime à le raconter. Bien qu’il ait subi l’influence des bluesmen, Brian May a donc été davantage marqué par les rockers et les hard-rockers.

Son jeu s’en ressent considérablement et il se différencie de ses pairs qui ont pourtant à peu près le même âge que lui. Signalons enfin un penchant pour la lutherie et l’électronique qui permet de cerner définitivement la personnalité de notre homme.

Roger Taylor et John Deacon sont d’abord guitaristes avant de devenir respectivement batteur et bassiste.

John est passionné d’électronique, comme Brian. Egalement passionnés de blues, de rock et de hard-rock, ils créent leur premier groupe à l’âge de quatorze ans et progressent rapidement. Toutefois, ils ne trouveront chaussure à leur pied qu’avec la Reine.

Queen résulte donc de cette somme d’influences multiples et des talents individuels de chaque musicien qui reste totalement au service du groupe, comme nous l’avons vu précédemment.
 
JJ RÉBILLARD
Rédigé le  27 sep. 2016 20:05 dans QUEEN  -  Lien permanent
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